L'art d'encadrer
Naissance d'un cadre
Parmi ses innombrables vocations, le bois a celle de devenir cadre. Qu’il soit importé ou non, le bois est toujours choisi en fonction de ses qualités intrinsèques: rigidité, porosité, tendresse, dureté. Il subit deux séchages garants de sa stabilité. L’un naturel (3 à 6 mois) l’autre artificiel (1 à 5 semaines). Un bois bien sec est plus stable et donc requis pour la fabrication de moulures qui doivent naître et rester droites.

Les planches sont débitées en tasseaux avant d’être façonnées en profils. Cette opération est effectuée par une machine appelée moulurière. Dans nos entrepôts, les longueurs de profils bruts endormis attendent d’être transformés en cadres. A cet effet, le savoir-faire des menuisiers et la technologie moderne se complètent. Sciés électroniquement aux bonnes dimensions, les profils coupés à onglets sont parfaitement assemblés.

Trous de clous et coupures d’angles soigneusement bouchés, quatre morceaux de moulure deviennent un cadre.
Suivant le type de finition envisagé, ce cadre brut subit un traitement approprié. Si l’aspect teinté, ciré, lasuré ou verni est recherché, il est satiné par des brosses abrasives.

Destiné à être doré ou laqué, le cadre est apprêté (ou blanchi). Il subit un ponçage méticuleux; chaque aspérité malvenue est usée, les surfaces sont lissées. Lavé et séché, le cadre est prêt pour la métamorphose suivante.

Une visite chez le sculpteur nous apprend qu’il est l’associé du fabricant de cadres depuis des générations: ses outils anciens (ciseaux) font naître du bois les ornements de style et ses mains habiles recréent les chefs-d’œuvres d’hier pour les amateurs d’aujourd’hui.

Quelques mètres plus loin, s’ouvre l’atelier de moulage. Les ornements classiques sont reproduits au moyen d’empreintes et de molettes. Les techniques appliquées sont classiques mais les matières employées, si elles sont en géneral traditionnelles, n’excluent pas les composants modernes (moules en silicone).

Dans un local spécialement équipé, le cadre qui doit être doré est couvert d’une couche d’enduit appelé “assiette”. De couleur généralement rougeâtre, cet enduit peut aussi être noir, brun, vert ... en fonction de la finition souhaitée. L’assiette qui se compose comme autrefois d’ingrédients naturels - argile et colle - sert à accrocher les feuilles de métal précieux.

Dans un vaste espace peuplé d’établis, les doreurs sur bois exercent leur art. Au moyen de coussins, palettes et couteaux à dorer, ils appliquent les fragiles feuilles d’or épaisses seulement d’un dix-millième de millimètre. Le métier de doreur est inchangé depuis des siècles. Il demande à l’artisan beaucoup de soin, d’habileté et de concentration. Pour conférer à la feuille un éclat propre à la dorure sur assiette, on effectue un brunissage (ou polissage) à l’aide d’une pierre d’agate. Pour une finition mate, on préférera une dorure sur mixtion (procédé plus moderne).

Plus loin, d’autres cadres sont couverts de matières précieuses. Petits chefs-d’œuvres d’ébéniste, ce sont les plaqués bois, loupes ou ronces. Matière translucide comparable à l’ongle, la véritable écaille de tortue est traitée comme un placage. Affinée au grattoir jusqu’à devenir très souple, elle reçoit la couleur de son support.

Depuis trois générations, nobles compagnons et matières nobles s’allient pour engendrer la beauté.

Dans l’atelier de peinture naissent les décors marbres, loupes, écailles, ivoire, lapis-lazuli ... Nos artisans sont maîtres en traçés d’entrelacs renaissance et de volutes chères à Horta. Le savoir-faire et l’habileté laissent à leur imagination créative une liberté totale.
Créateurs, menuisiers, sculpteurs et doreurs conguguent leurs efforts et donnent vie au cadre “objet”. Il faut maintenant lui donner une âme, inventer son âge et son passé: c’est le rôle de la patine! Taches, usure, cire... quelques crottes de mouches parfois font toute la différence. Même discret, le cadre réussi est un hommage à l’œuvre encadrée.

A l’étage, l’atelier change d’atmosphère. Les encadreurs remplacent les doreurs à la feuille. Ici, des mains gantées préservent vos sujets et des tables couvertes de velours les protègent des chocs. Ici, pour la première fois, votre œuvre rencontre le cadre qui lui est destiné et son compagnon idéal, le passe-partout choisi lui aussi méticuleusement et toujours découpé en carton au Ph neutre de grande qualité. C’est ici encore que des mains expertes exécutent les gestes pratiquement sacrés de l’encadrement: la fixation de l’œuvre, le cartonnage, le bordage de la vitre au dos qui rend le cadre hermétique ...

Enfin, sous les yeux attentifs de nos spécialistes, le travail est contrôlé et emballé. Il est alors prêt à nous quitter, à vous être remis, pour votre plus grande satisfaction.
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