L'art d'encadrer
Les cadres à l'ancienne
Un peu d'histoire

Depuis ses origines, le cadre répond au besoin qu’ont les artistes d’offrir un espace défini, propre aux images qu’ils créent. Le cadre constitue alors une frontière entre un objet figuré et sa réalité. Il se situe entre l’oeuvre divine et celle de l’homme, le rêve, la fiction, l’imagination, entre le réel et l’irréel!

De l’antiquité ne subsistent que les cadres des mosaïques et les filets autour des fresques murales. A Pompeï, quelques tableaux peints en trompe l’oeil sur les murs semblent entourés d’une baguette et sont représentés suspendus à l’aide d’une cordelière.

Au début de notre ère, des traits réguliers bordent les peintures murales des catacombes de Rome et au IVème siècle dans certains mausolées, le cadre peint devient ornement à motifs végétaux. Les sujets symboliques apparaissent à Constantinople. La bordure des icônes de cette époque préfigure le cadre en bois des tableaux religieux du moyen-âge.

Étroitement liée à l’histoire de l’art, l’évolution du cadre est influencée par toutes les grandes tendances artistiques.
Les miniatures de l’époque romane sont entourées de riches encadrements dessinés. Il s’agit d’entrelacs ou de compositions savantes aux significations précises. Elles sont toujours réalisées dans des couleurs en harmonie avec l’oeuvre. C’est de ces riches ornementations dont s’inspireront plus tard, les artisans pour créer les cadres à tableaux.
Si au début du moyen-âge la peinture s’entoure de baguettes rectilignes, l’époque gothique substitue peu à peu à ces moulures austères des cadres dorés aux profils inspirés de l’architecture, comme les arcs, pilastres et voussures qui entourent aussi les retables.

Au 16ème siècle le maître florentin Antonio Barile, façonne son chef d’oeuvre sculpté : le “tondo”, cadre rond à fleurs polychromes. Enfin, dernière étape avant la période classique, la renaissance perpétue la tradition gothique. A cette époque, il arrive que des parties de monuments existants soient copiées. D’autres fois, les encadrements prolongent la peinture en trompe l’oeil.

Image: Jan van Eyck - Le marriage de Giovanni Arnolfini et Giovanna Cenarini
Cadre: Van Eyck (Primitifs)
Mais en Italie, de nouveaux types de cadres sont créés dont le plus important est constitué de deux moulures courbes entourant un ban- deau plat décoré de motifs polychromes. Ce nouveau venu a trouvé ses origines dans les enluminures des manuscrits romans irlandais.

Avec la naissance du XVIIème siècle et l’essor de l’encadrement, le bandeau central devient le modèle de prédilection.
Les ornements de coins et milieux sont inventés par les espagnols et la concurrence artistique aidant, les cadres sculptés italiens appa- raissent. Les motifs en sont de plus en plus audacieux. Destiné aux grands de ce monde ou éloge de la gloire divine, l’encadrement, comme le tableau, se doit de refléter le luxe, le goût, le soin. La réalisation des cadres est donc confiée aux meilleurs artisans, sculp- teurs, doreurs et ébénistes.

Image: Raphaël - Vierge et enfant
Cadre: Rafaëllo-vert (Cadres Italiens)

A cette époque, les Pays-Bas préfèrent les profils renversés ornés de guillochés (sorte de moulure à vaguelettes) ou recouverts d’écaille de tortue, de loupe de noyer, frêne, palissandre, ou bien encore les cadres exécutés en bois précieux massif.






Image: Pieter de Hooch - Cour intérieure hollandaise
Cadre: Terbrugghen-noyer (Cadres hollandais)
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